Production en autonomie

Dans les situations de classe habituelles, plusieurs facteurs limitent l’expression orale des élèves. En effet, il est difficile de donner la parole à chacun au cours d’une même séance et de faire parler des élèves ayant une appréhension à s’exprimer en grand groupe et qui ne prennent jamais la parole spontanément. L’utilisation d’un laboratoire de langue multimédia résout en grande partie ces difficultés. Encore faut-il que l’établissement en dispose et qu’il soit accessible pour une utilisation régulière. En revanche, les baladeurs numériques sont des objets familiers des élèves et facilement disponibles. Ils permettent ainsi de pallier les insuffisances de la prise de parole de chaque élève en classe entière, en proposant de multiples opportunités d’expression orale en dehors de la classe. Ils offrent, pour la plupart, des fonctions d’enregistrement simples à mettre en œuvre.

Favoriser l’expression orale

Dans le contexte pédagogique, les évaluations et le travail à la maison sont le plus souvent synonymes d’écrit. En classe entière ou en groupe, les activités orales sont essentiellement collectives. Les pratiques de la baladodiffusion   permettent de développer, en dehors de la classe, des activités individualisées qui associent compréhension et expression orale. Chaque élève réalise son enregistrement entre les cours, dans les conditions qu’il considère les plus adaptées, c’est-à-dire dans le lieu et au moment qui lui conviennent le mieux. Il peut s’écouter et recommencer autant de fois que nécessaire et faire ensuite parvenir son enregistrement à son professeur qui répondra individuellement, en suggérant une correction personnalisée, une méthode plus efficace, en l’incitant le cas échéant à recommencer.

En langues vivantes, le baladeur devient un bon outil pour l’entraînement à la prise de parole en continu. Les nouveaux programmes mettent d’ailleurs l’accent sur ce point, ainsi que sur les formes dialogiques en interaction. La réforme du baccalauréat instaure une évaluation de la langue orale pour toutes les séries, avec un examen oral pour la série L.

En français, les activités recourant aux fonctions d’enregistrement des baladeurs numériques servent à travailler l’expression orale en liaison avec la lecture : exercices de lecture expressive, amélioration des compétences de lecture, adaptation du mode de lecture à la nature du texte proposé (théâtre, poésie...). Elles permettent également d’améliorer l’écrit : enregistrer des dictées, travailler un point spécifique de la langue (comme la ponctuation), utiliser le mode dictaphone pour faire de la prise de notes préparatoire à une rédaction. On peut également motiver et diversifier les formes d’écriture par la rédaction de textes destinés à être enregistrés puis entendus (un audio-guide, des interviews imaginaires...).

En sciences expérimentales, les occasions de suivre le raisonnement des élèves sont rares, si ce n’est à l’écrit. Or, les explications, les descriptions sont souvent plus difficiles à formuler à l’écrit qu’à l’oral, surtout pour des élèves qui maîtrisent mal le vocabulaire scientifique. Le recours à l’enregistrement sur baladeur de l’analyse d’expériences permet de prendre en compte la qualité de raisonnement de chacun. Dans le cadre des Travaux personnels encadrés (TPE), il est également possible d’envisager la réalisation des carnets de bord sous la forme d’enregistrements audio effectués sur un espace en ligne.

Dans la plupart des disciplines, le nombre d’oraux blancs que l’on peut organiser dans une année scolaire est nécessairement limité. Grâce aux baladeurs numériques, il est facile de placer plus régulièrement les élèves dans une situation d’entraînement à l’épreuve orale de l’examen. Après enregistrement de leur prestation et correction par le professeur, les fichiers audio peuvent être stockés, puis réécoutés et constituent d’excellents outils de révision.

Au-delà du dictaphone

Le recours au baladeur numérique pour proposer des activités de production en autonomie, amène le professeur à adapter ses méthodes. L’enjeu est de dépasser l’usage traditionnel de la fonction dictaphone des baladeurs (enregistrer des messages courts, des notes et les transmettre sans les réécouter) pour faire de l’appareil un véritable outil d’entraînement individualisé et personnalisé à l’expression orale.

L’enseignant doit amener ses élèves à exploiter tout le potentiel d’un enregistreur : possibilité de se réécouter, de fragmenter l’enregistrement, de recommencer autant de fois que nécessaire, de comparer plusieurs versions successives. Il doit également leur proposer une variété d’exercices permettant de travailler la qualité de la langue et de l’expression : imiter un modèle (extrait de discours, poème lu, monologue…), éviter les bafouillages, varier ses intonations pour rompre la monotonie, apprendre à poser sa voix, à calibrer un exposé en gérant transitions et temps forts, s’entraîner à parler en se détachant de la lecture de ses notes…

Pas de baladeurs ? Des outils en ligne

Les enseignants qui souhaitent faire travailler l’expression orale de leurs élèves sans disposer de baladeurs peuvent trouver, sur Internet, des outils facilitant la mise en place et la gestion de productions orales à distance. De nombreux sites proposent des outils d’enregistrement associés à des espaces de stockage sur le nuage   informatique (le cloud   computing), comme, par exemple, en langue anglaise, le site Vocaroo, ou l’Audio Editor Myna du site Aviary qui offre des fonctionnalités de mixage.

Dans le domaine éducatif, l’académie de Créteil développe un espace spécifiquement dédié aux usages de la baladodiffusion : Balad((O)) [1]. Il suffit alors d’un ordinateur (ou d’une tablette) connecté à Internet et d’un micro pour pouvoir à la fois utiliser toutes les fonctions d’un enregistreur/lecteur et transmettre sa production au professeur. Celui-ci une fois connecté, aura l’avantage de pouvoir consulter depuis n’importe quel lieu toutes les productions de ses élèves regroupées sur un même espace virtuel.